Bolivie 2010 - 2

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Bolivie 2010 - 2 

Lundi 17 Mai 2010 : Ce matin, grand jour, la traversée tant attendue du salar d'Uyuni, un immense lac de sel d'environ 80 à 100 km de diamètre à près de 4000 m d'altitude. Ca commence plutôt mal. Il était convenu avec la tenancière de la pension où je loge que je prendrai le petit-déjeuner à 7h. A 7h, mon matériel est prêt, les sacoches sont sur le vélo, tout est noir, tout est fermé au ... cadenas. Je tape fort. Un monsieur arrive, m'ouvre les portes, mais le desayuno est à 7h30 pas à 7h. Je lui explique que Madame m'avait affirmé que ... que j'ai muchos km à faire, rien n'y fait. Alors ... Adios ! Je suis parti l'estomac vide. J'emprunte une piste qui ressemble au début à une piste pour dépôt d'ordures ménagères, mais ... bientôt, la fiesta commence. On enfile une série de plats avec de très belles courbes épousant le relief. On arrive même à une piste tellement belle, avec un mélange de sable et de sel, que c'est vraiment un billard, et rouler est un vrai bonheur. Mais il faut aussi parfois descendre de vélo et pousser dans le sable. Le seul hic est que les rafales de vent sont toujours présentes mais soufflent pour le moment dans le bon sens. On longe par l'Est le volcan Tunupa qui culmine à un peu plus de 5000 m, que nous avions grimpé il y a quelques années avec Dominique. On fait ainsi une trentaine de km pour arriver ... à l'entrée du Salar ! Combien de fois n'ai-je pas rêver d'être là ! Je suis seul, les nuages sont encore là, le vent est encore là. Je sors le GPS qui va me permettre de pointer l'hôtel de sel situé à environ 80 km droit au sud. L'hésitation est un peu là car n'est-il pas un peu présomptueux de se lancer dans cette traversée de plus de 80 km sur ce désert blanc ! Mais l'hésitation est de courte durée. Tu es là, tu l'as voulu, vas-y. Fais confiance au matériel (le GPS). Et c'est parti ! Je file droit vers la direction que me donne le GPS. De l'eau sur le sel, un peu d'abord, un peu plus après (de l'ordre de 5 cm). Toujours de l'eau. Je commence à être sérieusement inquiet ... et si c'était comme ça durant les 80 km ! J'apprendrai le soir même chez les gens qui ont accepté que je mette ma tente chez eux, qu'il avait neigé la veille et que cette eau évidemment était principalement liée à cette tombée de neige. Je roule, je joue à cache-cache avec le GPS qui me remet toujours dans le droit chemin lorsque je m'écarte un peu de la direction. Etonnantes les configurations que peut prendre le sel ! Tantôt plat et lisse comme on l'imagine dans les livres, alors on file comme la flèche, rien ne freine, on est entre 25 et 30 km/h même avec mon chargement. Tantôt il est presque comme du sable mou, alors là ... c'est presque la descente aux enfers (et si ca durait ainsi durant les 50 km restant !). Tantôt, il est constitué de séries de piquots très durs, et alors là, pour rouler ... mieux préférer encore la tôle ondulée ! Tantôt, il y a des trous d'eau qu'il vaut mieux éviter évidemment, tantôt des sortes de formes arrondies de quelques mètres de diamètre qui sont autant de bosses qu'il vaut mieux anticiper ... Les kilomètres s'égrènent petit à petit. Chaque type de morphologie saline dure en gros de 4 a 5 km avec des transitions que l'on sent bien sous les pneus. Etonnant de se trouver là avec le Tunupa derrière soi qui devient de plus en plus petit ... Mais j'avance donc ! Sans le GPS, je crois qu'il aurait été inconscient de se lancer dans cette traversée. Car le seul repère un peu objectif est le soleil que l'on a de côté et derrière soi (on est au Sud de l'Equateur) avec l'ombre portée qui peut servir un peu de repère. Puis, lorsqu'on commence à apercevoir le relief Sud derrière le Salar, on peut pointer un peu la direction. Mais quelle sécurité apporte ce petit appareil qui fonctionne avec les satellites présents au-dessus de soi et qui nous permet de savoir très exactement à combien de km se trouve le point visé, à quelle vitesse on roule, et surtout à quel angle roule-t-on par rapport à l'angle auquel il faut rouler. Une flèche indique donc la direction à suivre. Rien de plus simple mais encore faut-il qu'il y ait des batteries avec suffisamment d'énergie pour fonctionner toute la durée du parcours ! J'avais prévu des batteries de rechange que je recharge avec le capteur solaire déplié à l'arrière du vélo, sur les sacoches et la tente. Je me suis arrêté deux fois pour manger un bout et boire un coup. Quel paysage ! Je me photographie avec la tête encagoulée de vert (un vrai bandido !). L'appareil photo a dû avoir peur car après m'être photographié avec la cagoule, il n'a plus voulu fonctionner malgré le changement de batterie. Heureusement, le soir, il fonctionnait à nouveau. Etait-ce le sel ? ... Aucune voiture, aucun vélo ... Curieux ! Je me rapproche de l'hôtel de sel maintenant à moins de 20 km. Une masse noire à ma gauche, loin, qui semble ne pas bouger. Je me déporte au cas où il y aurait une personne en difficulté ou en panne. En fait, c'est un gros cairn placé là probablement comme un phare pour les marins. Au fond, le ciel montre une énorme barre orangée. C'est une tempête de sable dans le Sud Lipez venant probablement aussi du désert de l'Atacama. Cette barre de nuages semble avancer vers le Nord. Je presse les pédales de plus en plus fort. Je vois soudain à me droite un flamant rose venu là peut-être ... pour éviter la tempête. Les hypothèses vont bon train dans ma tête. Je vois ensuite la ville d'Uyuni au fin fond, loin, qui de fait a subi cette violente bourrasque de sable. Arrivé à 8 km du point de repère de l'hôtel de sel, je vois de vieilles traces de voitures qui partent vers la gauche, vers la terre ferme. Je décide de les suivre, mais au bout de quelques km, elles se perdent dans ... l'eau qui redevient très importante sur le Salar. Que faire, revenir, c'est aller à l'hôtel de sel mais qui se trouve à environ une quinzaine de km de la terre. J'opte pour viser au plus droit vers la terre, dans l'eau, compte tenu de ce risque du nuage de sable qui m'inquiète un peu. Je parviens finalement dans un secteur où se fait l'extraction de plaques de sel. Elles sont là, entassées, prêtes à être emportées par camion. Mais ... pas de camion, pas de mineurs. Je finis par voir tout au fond deux voitures qui semblent bouger un peu. Je vise les voitures. Elles partent. Je finis par repérer l'endroit où elles sont passées. Et, comme un beau signe de bienvenue, tout un groupe de flamants roses s'envolent, magnifiques de couleurs, lorsque je finis par pointer l'endroit où je vais ... atterrir. Je suis sur terre, maculé de sel tout comme mon vélo ! Puis, je roule sans trop de difficultés pour parvenir au petit village de Colchani peuplé principalement de mineurs de sel. Je voulais coucher sous tente sur le Salar. Les conditions - météo un peu tempétueuse, eau sur le Salar - m'ont fait renoncer d'autant que mon matelas fuit ! J'ai trouvé asile chez une famille à Colchani, qui a accepté que je plante ma tente ... au milieu d'une sorte de cour des miracles avec de petits adorables morveux, des filles, des garçons, des hommes, des ... chiens (qui m'ont aboyé dans les oreilles toute la nuit ... costauds et coriaces ces petits chiens qui au moindre mouvement dans mon duvet se mettaient à gueuler !). J'ai pu un peu enlever du sel sur mon vélo et surtout sur mes plateaux, sur mes pignons, sur mes freins ... Dodo bien mérité. Formidable journée. Comme on dirait en montagne : grande et belle course ! Une trentaine de km pour accéder au Salar, un peu plus de 80 km sur le Salar, le reste pour atteindre Colchani. La météo est ici aussi un peu bousculée. Aux dires de mes hôtes, la veille il a neigé et ... ils n'avaient pas vu cela depuis au moins 20 ans. Beau et magnifique Salar d'Uyuni ! Puisses-tu rester à l'écart de ces projets d'extraction de lithium que certains envisageraient sur ce joyau mondial de la Nature.

Llica - Colchani 127 km, +200 m -255 m 7h15 - 17h

Mardi 18 Mai 2010 : Réveil un peu frisquet à Colchani. J'ai voulu laver un peu plus le vélo et les sacoches : toute l'eau était glacée. Je pars en direction d'Uyunii assez rapidement après avoir essayé de ne pas trop salir la tente. La "route" est à nouveau un long serpent de trous et de bosses au point que des pistes parallèles ont été tracées par les véhicules qui souffrent eux aussi de la tôle ondulée. De vastes étendues s'ouvrent. Le soleil commence à réchauffer un peu l'ambiance. Les automobilistes sont assez indifférents à la présence de cyclistes en roulant à droite ou à gauche sans se soucier du danger représenté par ce type de conduite. Puis ... deux cyclos chargés comme des mulets arrivent en sens inverse. Ce sont des français qui viennent de la ville d'Uyuni. Echanges sympathiques et poursuite de nos chemins respectifs. Uyuni est en vue. Une assez imposante cité avec le train qui circule à nouveau. Beaucoup de touristes et donc d'agences qui proposent les circuits classiques en 4 x 4. J'ai trouvé un hôtel moyen mais correct : l'hôtel Inca où se trouvent aussi deux autres cyclos suisse et allemand. Ils reviennent du Chili par le Sud Lipez et la traversée du Salar d'Uyuni mais depuis l'île Incahuasi. Leurs informations me sont précieuses pour la suite. Un beau marché permanent permet l'achat des provisions à venir. Compte tenu qu'on peut normalement trouver de l'eau et des possibilités d'hébergement dans plusieurs endroits, je ne prévois que 3 jours maximum de nourriture de survie : des pommes, quelques bananes, des nouilles précuites, une boite de sardine, deux sachets de purée, et ... un douzaine de litres de liquide. J'essaie de manger un maximum entre les visites du blog. Le vélo et les habits ont fait l'objet de quatre nettoyages à l'eau, mais ce sel du Salar est redoutable. Je pense qu'on en verra des traces encore à Eysus !

Colchani - Uyuni 23 km, +50 m -40 m 7h45 - 12h

Mercredi 19 Mai 2010 : La bulle ! sauf que je me suis réveillé comme d'habitude à 5h30. Mais cela fait du bien une journée sans rien faire. Uyuni est assez plaisante (mais ne vaut pas Ururo). Pour moi, aujourd'hui, c'est le bilan à faire pour le matériel, les vivres avant les huit à dix jours sans probablement communication aucune (ni internet ni SMS). Côté matériel, le vélo a été à nouveau un peu bichonné avec un lavage supplémentaire à l'eau pour essayer d'enlever ce coriace sel. Puis, j'ai bien regardé les pignons, les plateaux, la chaîne et mis un peu d'huile fine que j'ai emportée : la chaîne roulait avec un bruit bien plus beau ! Puis, les diverses batteries : pour le GPS, pas de problème, j'avais rechargé avec le capteur solaire ; pour le téléphone, idem mais là, je ne pourrai pas l'utiliser ; pour la frontale, c'est bon ; pour l'appareil photo, j'ai mis le chargeur solaire en route à l'hôtel mais la situation d'éclairement n'était pas très favorable ... je pense que ça ira néanmoins. Et puis ... il a fallu laver un peu. J'ai piqué un peu de poudre et une brosse à l'hôtel, et en avant chaussettes, chemise, tee-shirt, slip, foulard. Et puis aussi les sacoches toutes blanches avec le sel ... Tout est à peu près en état ce soir. Côté nourriture, achat de vivres de survie : bananes, pommes, nouilles, sachets  de purée, sardines, saucisses "caoutchouc",  biscuits, pain. J'ai fait le plein de liquide avec deux gourdes d'eau de quatre litres chacune, deux litres d'eau supplémentaires, deux litres de coca cola. Je me suis nourri un peu plus avec des restaurants acceptables (au moins comme La Vague à l'UPPA !). Les deux cyclos suisse et allemand m'ont bien montré par où ils étaient passés dans le Sud Lipez. Mais ce n'est pas tout à fait la même "route" que je vais prendre. Le tenancier de l'hôtel m'a également renseigné. Normalement, je devrais trouver de quoi manger et de quoi dormir pour la majorité des journées. Allez, je vous laisse avec ces côtés techniques sans intérêt pour vous. Et je vous dis ... à dans quelques jours, normalement ...

Jeudi 20 Mai 2010 : Le grand départ pour le Sud Lipez, une région aux couleurs exceptionnelles (normalement ...). Chargé comme un ... mulet,  je sors d'Uyuni en traversant la voie ferrée qui part en Argentine et au Chili. La route pour San Cristobal, mon village espéré de ce jour, est agréable au début puis devient vite ... infernale avec les trous, la tôle ondulée, bref ... cinq chutes de vélo sans gravité mais épuisantes lorsqu'il faut se relancer avec tous ces kilos. L'avantage que j'aurai toujours est que j'ai tout ou presque avec moi, une véritable maison roulante. Peu de circulation sur cette "route". Il faut toujours juger si l'on emprunte ou non les voies latérales, car à force d'être creusées et sur-creusées, les automobilistes ont carrément ouverts des pistes à droite et à gauche de la "vraie route". Donc passages successifs sur les pistes mais.. il y a plus de sable ! Bref, infernal de sauter comme un cabri durant 80 km. Je parviens tout de même à San Cristobal, un village minier qui a l'avantage d'avoir un marché permanent (Ah! que la sopa était bonne en arrivant avec la fameuse bière bolivienne bi-cervezina), et un hôtel très correct. En plus, le téléphone passe encore ! La mine est aux mains des japonais avec extraction d'or, de plomb, de zinc, d'après ce que j'ai pu apprendre (mais finalement les gens ne savent pas trop (top secret ?)). La soirée fut reposante. Internet existait mais par liaison satellite. Or le débit n"était  que de 128 KO ! Inutile de vous dire que je n'ai jamais pu me brancher sur le blog.

Uyuni - San Cristobal    97 km, +240 m -115 m 7h45 - 16h30

Vendredi 21 Mai 2010 : Sérénité ! Ce vendredi, c'est un peu un bonheur paysager qui s'annonce. Tout est calme ce matin. Pas de vent (ouf !), un lever de soleil extraordinaire, rasant, qui fait découvrir des reliefs à ras de terre que l'on ne voit pas à une autre heure, avec des ombres d'une longueur infinie. Rouler enfin sur une tôle ondulée qui s'est assagie un peu. La tôle ondulée apaisée : quel miracle, la nuit l'a probablement détendue même si de temps à autre la tôle ondulée a repris un peu de sa nature. La matinée est extrêmement calme, pas de circulation, pas de bruit ... Une piste d'avion, tiens ! ... c'est probablement pour les cadres de la mine d'or, de zinc, de plomb ... les cadres japonais. Des troupeaux de lamas ... les km passent lentement, agréablement devant un décor de volcans, magnifique, dominé par le volcan Ollague qui, cette année, ne fume pas. Alota se montre, ce pueblo petit mais qui est en réalité un centre important pour au moins les élèves car il y a un collège avec une cinquantaine d'enfants ! Je ne sais par où entrer dans ce village un peu ensablé mais construit comme tous les autres avec des rues délimitant des quadras. Je tombe sur le collège pensant à un hospedaje. Un jeune professeur de mathématiques m'indique un hospedaje, un quadra plus loin. Il est aux environs de midi. Je n'ai plus envie d'aller au-delà aujourd'hui. L'accueil est plutôt frais de la part de la tenancière. Tant pis, je reste sur les impressions magiques de la matinée. Je passerai l'après-midi à déambuler dans ce village un peu fantôme mais avec ... plein d'enfants partout.

San Cristobal - Alota 61 km, +315 m, -240 m, 7h - 12h

Samedi 22 Mai 2010 : Le temps change ! Dans la nuit, le vent a repris, les nuages sont revenus. Le ciel s'est un peu bouché. Je pars pour une rude ascension sans ... déjeuner (la tenanciere n'a pas voulu ...). La sortie d'Alota se fait assez vite sur une piste de sable. Je tourne plein Sud après un pont, et rapidement je trouve de très beaux plans d'eau mais ... qu'il faut traverser ! Et là ... il faut y aller : de l'eau jusqu'aux genoux. Par deux fois, je franchis ces gués un peu costauds ! Après, la piste devient de plus en plus délicate : sable, tôle ondulée ... réveillée aujourd'hui, ornières profondes et ... pente de plus en plus raide. Le vent devient un peu dur à contrer car, évidemment, il vient en plein dans le nez ! La montée se pratique néanmoins avec, de temps à autre, la mise à terre du bonhomme qui est obligé de pousser sa maison roulante en marchant, et le sable et la pente devenant impossibles à passer sur la selle. Le temps n'est pas franchement beau avec les nuages qui s'amoncellent et ... le vent, ce fichu vent qui souffle en plus en rafales ! Je finis par arriver à Villamar, ce village où un petit avion s'est planté il y a quelques années (Dominique reconnaitra je pense ce village où nous étions passés). Il est aux environs de midi. Premier contact : Se puede comer un poco ? Pas moyen d'avoir une soupe ! Je finis par tomber sur un hospedaje. Là encore, je demande s'il y a possibilité de manger un bout car je commence à avoir l'estomac dans les talons sans petit déjeuner. Première réponse négative. Devant mon insistance (je demande du ... "pain"), je suis invité à entrer dans la cuisine et ... oh! miracle, je peux manger un peu (voir mon texte à la fin de ce billet du jour). Je veux repartir car je sens que le temps devient de plus en plus difficile avec un vent de plus en plus énorme et ... je voudrais avancer un peu plus pour camper quelque part afin de joindre la laguna Colorada demain. Je repars vers une heure de l'après-midi. La piste est de plus en plus difficile. Le vent me fout par terre plusieurs fois ! Je fais très très difficilement une quinzaine de km, souvent à pied en poussant le vélo, autrement en roulant péniblement à 5 km/h. Ca monte tout de même ... Je suis à 4300 m. Je voudrais arriver à 4600 m pour essayer de coucher à la laguna Colpina. Après une énième chute due aux rafales de vent, vers 15h, je me pause et je fais le point. Le temps est de plus en plus violent, je ne dois pas chuter autant car je dépense une trop grande énergie à récupérer les soixante kg du vélo et à me relancer. Je me suis toujours dit que je ne devais pas dépasser les 70% de dépenses énergétiques pour conserver une lucidité pour prendre les décisions et anticiper. Là, je suis en train de dépasser ces 70%. Il est 15h. Soit je campe là, mais avec un temps à la fois de plus en plus mauvais et surtout avec ces rafales de vent infernales qui ajoutent évidemment à la difficulté même de la piste (vous verrez en photo sur quoi on "roule"), soit je reviens à Villamar (j'ai encore le temps avant la nuit), et devant le mauvais temps qui s'aggrave, je cherche un véhicule pour aller jusqu'à la frontière chilienne demain. Je prends la seconde décision. Difficilement, je reviens à Villamar, le plus souvent en étant obligé de pousser le vélo à pied (ce ... vent ! qui semble m'aimer beaucoup aujourd'hui !). J'arrive vers 17h au village. Exténué, je trouve un groupe qui m'a doublé en voiture, avec des français et un chauffeur bolivien qui comprend très vite la situation et qui me dit que le temps va s'aggraver ! Il m'offre un café chaud et me dit qu'un collègue doit arriver ce soir avec un 4 x 4, qu'il pourra probablement me prendre demain matin de bonne heure pour la frontière chilienne ... La providence ? Je n'hésite pas sur sa proposition. Bien m'en a pris car non seulement le vent a encore forci, mais la neige est tombée dans la nuit. J'ai passé une soirée très agréable avec le groupe qui comprenait deux françaises et un chinois parlant remarquablement le francais (bientòt, ils nous mangeront tout crus ces chinois d'exception qui parlent couramment 4 à 5 langues et qui ont une solide formation technique et qui ... veulent faire du commerce avec le ... monde entier !), le tout accompagné d'une bouteille d'excellent vin chilien fort ... apprécié par moi après cette rude journée ! Un groupe de jeunes écoliers du village avec leur professeur est venu nous jouer un peu de musique bolivienne ... Demain, départ à 5h pour la frontière chilienne.

Deux visages de la Bolivie en 24h ...

A Alota en arrivant vers midi, je demande à manger. La tenancière de l'hospedaje me dit que ce n'est pas possible car elle recoit un groupe. Je sollicite alors deux oeufs au plat : refus. A la fin du déjeuner du groupe, il y a des restes. Je pique dans les restes sur la table un bout de pomme de terre et une rondelle de tomate. Voyant cela, la tenancière retire les plats. Le lendemain matin, alors qu'il était convenu avec elle que j'aurai un petit déjeuner à 7h30 car à 7h il "faisait trop froid" (sic), j'ai dû partir sans petit déjeuner, sans explication de sa part.

A Villamar, alors que je demandais du pain, la tenancière de l'hospedaje m'a donné un plat complet avec riz, papas et viande de lama, et ... ce fut "gratis".

Allez à Villamar plutòt qu'à Alota ...

Alota - Villamar    83 km, +800 m -615 m 7h - 17h

Dimanche 23 Mai 2010 : ... 4h30, il fallait être prêt pour charger. Le vélo est monté sur le toit du 4 x 4 Toyota avec beaucoup d'inquiétude car les chaos ... Le voyage de 5h de piste a pu se faire sans ennui pour le vélo, le montage du chauffeur pour éviter qu'il s'abime ayant été remarquable. La voiture est remplie. On part à 5h dans la nuit prendre la piste que j'avais remontée hier en m'en voyant comme un fou ! le 4 x 4 lui est passé sans ... presque sentir la tôle ondulée (dur pour les cyclistes !) : impressionnante la qualité de ces véhicules ! Un confort qui donne la sensation de survoler la piste ! La laguna Colorada est grise, méconnaissable aujourd'hui. La piste devient de plus en plus terrible car non seulement il y a un vent à décorner les boeufs ... de face - on l'entend plus qu'on ne le sent en ... voiture - mais encore la neige est tombée cette nuit. Pour atteindre la laguna Verde, on est obligé de passer à environ 4900 m et là ... la neige en rafales ... juste ! même pour le Toy. La laguna Verde est ... tout aussi grise, le volcan Licancabur qu'on avait gravi avec Dominique, est coincé dans les nuages. La laguna Blanca est atteinte vers 9h. La frontière chilienne n'est pas loin. Beaucoup de monde au poste de douane mais ce sont des personnes venant du Chili qui s'interrogent sur la suite du passage en Bolivie ... Le chauffeur de notre véhicule nous offre un petit déjeuner "gratis". Le douanier bolivien met son tampon de sortie sur mon passeport. Le vélo est remonté. Le 4 x 4 repart. Je me retrouve seul, la tempête derrière moi. Plus que quelques km à grimper pour atteindre les 4750 m qui me permettront de basculer dans la descente vers San Pedro de Atacama, un havre pour moi que j'atteindrai après 50 km de descente avec ... le soleil et surtout ... pas de vent, sauf une brève bourrasque de sable ! La partie Bolivienne est finie. Vive le Chili ... qui m'a refusé de passer les pommes chiliennes que j'avais achetées en Bolivie !

Villamar - douane chilienne 4x4 150 km, Vélo douane chilienne - San Pedro de Atacama 70 km

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