Tashkent Kachgar 2009 - 2

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Tashkent Kachgar 2009 - 2

Ouzbékistan - Kirghizistan - Chine 

24/09/09 : 65 km, psychologiquement éprouvant ! 

Dénivelée montante : +920 m

Dénivelée descendante : -1427 m

Cette étape qui aurait dû être facile a été psychologiquement assez terrible. La route vers Irkeshtam c'est-à-dire vers la Chine devait être belle, pas trop ardue pour, après la frontière, être un vrai billard !

Le matin, après une nuit sous tente à environ 3300 m, tout est un peu givré. Mais il fait à peu près beau, et il n'y a pas de vent. La tente est pliée tant bien que mal, un peu raidie par le froid. La route devient ... une piste de cyclo-cross sur des dizaines de km, cette piste dont un panneau annonce qu'elle est faite et financée principalement par la Chine. En fait, on bâtit une nouvelle voie à côté de l'ancienne voie. Les terrassements ne sont pas terminées, les passages d'eau non plus. Le nouveau tracé s'enfile vers le sud-est et s'écarte des points GPS que j'ai enregistrés à partir de google earth. J'interroge les quelques chauffeurs de camions qui passent : il faut bien prendre la nouvelle piste vers le sud-est ! ... sauf que ça continue toujours de monter pour aboutir à un col situé à 3870 m ! De la boue, des pierres, du vent, de la pente à souhait ... petite vitesse bien sûr. J'ai de la peine à respirer avec une gorge brûlante (j'ai commis la maladresse de ne pas m'être rendu compte lorsque j'ai passé les cols à plus de 3500 m que l'air étant très sec et froid, il fallait que je place un textile devant la bouche pour réchauffer un peu l'air inspiré pour atténuer le choc thermique avec les bronches). Deuxième col à 3510 m. Et on descend ! mais sur une piste aux cailloux très en relief ! le vélo saute de plus en plus ... je finis par perdre la tente avec les chaos mais je m'en rends compte. Impressionnante descente d'une vingtaine de km : les vététistes se seraient régalés. Mais moi avec le poids que j'avais et surtout la peur de voiler mes roues voire de casser mon cadre, j'étais pour le coup vraiment toujours avec les freins en alerte et le nez deux mètres devant pour essayer de contourner les plus grosses pierres. ... Le vélo a tenu ! Arrivé à Nura, ce village-martyr détruit récemment par un tremblement de terre dont les maisons sont désormais des bungalows de chantier, j'ai pu trouver une soupe chaude, deux oeufs frits, du thé, de l'eau, du fanta, du ricoré. Reparti vers Irkeshtam, je veux passer la frontière chinoise aujourd'hui pour enfin pouvoir communiquer tranquillement avec les SMS et trouver des conditions de roulage un peu plus apaisées.

A la frontière, pour les formalités Kirghizes : RAS. En revanche, au premier contrôle de police chinois on me demande des yuans. Faisant semblant de ne pas comprendre je signifie aux trois policiers qui m'entouraient que "no change" en leur indiquant la direction de la Chine pour les "yuans". Ils insistent une deuxième fois en se rapprochant un peu plus de moi. Je répète dans une innocence absolue "no change" ... alors l'un des trois donne le signal de me laisser passer... Puis contrôle douanier. Là, c'est le grand cinéma. D'abord on m'indique que je dois rester en retrait du poste à une cinquantaine de mètres. Puis deux présumés douaniers viennent au pas avec les gants blancs. Chaque sacoche est inspectée à fond, toutes les photos prises sont visionnées une à une. A ma grande surprise le GPS ne pose pas de problème (alors que ce ne fut pas le cas il y a 10 ans lorsque j'étais entré en Chine par le Pakistan). Question sur ... le compteur km qui fait toujours autant rire les chinois que les ousbeks et les kirghizes. Entrée dans un sas avec le vélo pour passage aux rayons comme dans les aéroports. Et ... finalement, je me retrouve en territoire chinois avec de suite le "change" (dont évidemment je n'avais pas besoin puisque j'avais pu acquérir déjà des yuans à l'aéroport de Marseille). Un beau pylône de China Telecom m'indique avec certitude que là au moins le téléphone ne me posera pas d'inquiétude pour communiquer ma position : je suis en Chine !

La route devient goudronnée, ensoleillée, et c'est avec un subtil plaisir que je pédale tranquillement sans me soucier de tester le pylône de China Telecom. Une dizaine de km passent et, l'après-midi avançant, je me décide à chercher un endroit pour camper. Test du téléphone : négatif ! Pensant que c'est parce que je suis loin du "pylône" je repars de plus belle à la recherche d'un autre pylône. La soirée arrivant, je finis par décider de m'arrêter dans un très beau site de campement devant l'immense barrière du Pamir.

Au fait, c'est le jour de mon anniversaire ! Menu : du boeuf rizzoto lyophylisé et une pomme !

Depuis la tente, ... matin magique de la barrière blanche du Pamir

...  une barrière immense qui dépasse 7000 mètres

Ca vaut le coup de se geler un peu !

les tons inimitables du Pamir

... en direction de la ... Chine ...

Ca commence à se réchauffer un peu !

Un vélo est toujours plus élégant debout que couché, non ?

"... Prends vite la photo parce que ... je me gèle !"

Faut dire qu'on est à ... 3779 m ... ça, ça n'était pas dans le road-book !

Ce sont principalement des camions chinois qui passent par Irkeshtam

A la descente, ils n'allaient quasiment pas plus vite que le vélo !

une "belle" piste toute neuve vers Irkeshtam ...

... un peu raide quand même ...

mais ... il a tenu le coup le mulet !

La végétation, ça réchauffe un peu ...

Bientôt le poste de contrôle de sortie du Kirghistan

Nura maintenant des roulottes et des baraques de chantier après le récent tremblement de terre

Ca y est, on est ... en Chine (le climat change très nettement)

Il fera bien meilleur que la nuit dernière ...

Mais où est donc le pylône de China Telecom ?

25/09/09 : 117 km, les montagnes russes de la Chine !

Dénivelée montante : +1100 m

Dénivelée descendante : -1410 m

Très beau lever de tente. Inquiet par l'absence de possibilité de donner ma position géographique, je décide d'aller au plus vite à Kashgar car là au moins je suis sûr de pouvoir contacter la famille par téléphone et par internet. Ils sont sans nouvelle au moins depuis Sary-Tash. Pédalage assez facile sur une belle route goudronnée sans trop de camions bien que les dénivelées ne soient pas négligeables. Le paysage est en montagne "russe" avec de temps à autre des ensembles militaires surgis de nulle part. Arrivée en fin d'après-midi au village de Wukia avec une route en pleine construction et tout en poussière ! Achat de raisin, de poires, de pommes, de lait vitaminé (on en trouve parfois), de saucisses de Strasbourg à la chinoise (c'est moins gras et bien meilleur), puis ... arrêt dans un magasin de China Telecom pour essayer de comprendre l'absence de liaison téléphonique avec la France. Ils ne savent pas, mais, me disent-ils, par un téléphone fixe ça marche ! Ils me proposent d'essayer. On fait alors le numéro de Laure : un message enregistré indique de suite qu'il y a une "erreur" ... Mais, me disent-ils, à Kashgar pas de problème : tout marche et le téléphone et internet. Un peu rassuré, je continue pour trouver un lieu de campement à l'écart de ce gros village dans un terrain vague à une dizaine de km.

On ressent déjà l'influence climatique du désert du Taklamakan

Le désert est au bout là-bas ...

Pas de rosée du matin

une route vallonnée avec très peu de circulation

... quelques rares chameaux en liberté

... des formes et des couleurs pour le rêve ...

26/09/09  : 115 km, enfin Kashgar ! Depuis Tashkent : 9 jours pour 965 km

Dénivelée montante : +420 m

Dénivelée descendante : -1180 m

Nuit sèche (aucune humidité !), la tente est prestement rangée. Départ matinal car il reste encore 110 à 120 km jusqu'à Kashgar ! ... et je commence à être sérieusement obsédé par l'impossibilité de pouvoir rassurer mes proches sur ma position géographique. La route est bonne, assez tranquille. Je m'arrête pour acheter raisins, pêches de vigne. L'autoroute est là, je pense accessible aux cyclistes. Enorme embouteillage du fait d'un ... barrage de police doublé d'un barrage militaire ... Ambiance ! ... Le cycliste que je suis semble les laisser indifférents. Je passe sans difficulté, arrive petit à petit au Chinibag Hotel à Kashgar. Et là, ce qu'on me dit me paraît dépasser l'entendement : depuis les évènements d'Urumqi (juillet) où il y eut des affrontements entre Hans et Ouïgours qui ont fait 400 morts, toute communication avec l'extérieur de la Chine est impossible dans tout le Xinjiang tant par téléphone que par fax que par internet.

 

L'influence du désert est manifeste !

On a l'impression que tout a soif ...

La bifurcation soit pour gagner le Kirghiztan par le col de Torugart soit rejoindre Kashgar

Les troupeaux sont nettement plus importants

Kashgar, avec des scooters et des motocyclettes électriques comme dans toutes les villes chinoises

 27/09/09 : 71 km, Kirghistan, Och ... pas terrible ! La décision est prise

Le Chinibag Hotel était un très bel hôtel de luxe. Il n'est plus qu'un hôtel très moyen du fait d'une absence d'entretien. Pour quelqu'un qui vient de pédaler près de 1000 km depuis 9 jours, c'est néanmoins extrêmement confortable. Enfin une douche chaude ! Les tarifs sont à 220 yuans la nuit (soit 23 euros) avec petit-déjeuner (au contenu très médiocre par rapport à ce que j'avais pu trouver dans ce même hôtel il y a une dizaine d'années). Quasiment pas ou très peu de monde, alors que, habituellement, cet hôtel est le spot préféré des touristes ...

J'ai réservé pour deux nuits. Mais j'ai pris la décision d'arrêter mon périple à vélo dès le 27. Je n'ai pas pu donner ma position géographique depuis 4 jours (depuis Andijan ou peut-être Sary-Tash au Kirghiztan). En regardant la suite de mon périple qui passe par le sud du désert du Taklamakan et le plateau nord du Tibet, je me rends compte que je suis dans le Xinjiang jusqu'au-delà de Ruoqiang puis j'entre sur le plateau nord du Tibet où d'après mon ami Benjamin les communications téléphoniques ne sont pas certaines. Bilan : pour les contacts par SMS téléphone, je suis donc dans l'impossibilité de communiquer quoi que ce soit (d'envoyer et de recevoir) durant environ 25 jours ; pour internet, en considérant que Xining serait le prochain contact cybercafé, je serai dans l'impossibilité de communiquer durant 3000 km. Impossible pour moi d'accepter et surtout de faire accepter à mes proches une aussi longue absence et une aussi longue incertitude. Je décide donc d'arrêter le périple à vélo à Kashgar et de trouver le moyen de joindre mes proches dans les meilleurs délais.

Après consultation à Kashgar, le scénario le plus réaliste avec vélo et bagages est de passer par Urumqi qui est une plaque tournante essentielle pour le Xinjiang. Rejoindre Urumqi avec le vélo c'est 24 heures de bus couchette. Puis je décide de rejoindre Pékin par un train direct Urumqi - Beijing (environ 52 heures), espérant que dès la sortie du Xinjiang l'envoi de SMS à la famille sera possible. Les choses se sont alors précipitées : je prends le bus dès le 27 au soir pour arriver à Urumqi le 28 au soir puis je repars d'Urumqi par train direct pour Beijing le 29 au soir. Je peux ainsi espérer envoyer le SMS du signe de vie dans la nuit du 29 au 30 septembre dès la sortie de la traversée du désert. Ainsi depuis le 23 septembre (date de mon dernier envoi de SMS à Sary-Tash) ma famille sera restée sans nouvelle durant environ 7 jours. En l'état de ma situation, c'est le plus court délai sans information que je peux envisager. C'est cette solution que je choisis, préférant le train à l'avion (d'Urumqi à Pékin) pour la raison évidente qu'avec le train j'ai tout de même la possibilité d'apercevoir plus de 3760 km de traversée de la Chine en passant notamment par Lanzhou et Xi'an.

J'aurai pu reprendre le vélo par exemple à Lanzhou. Toutefois, pour moi le périple Tashkent - Pékin que j'envisageais reposait sur un intérêt personnel principal lié à trois zones géographiques : la traversée du Kirghiztan que je viens de faire, celle du sud du désert du Taklamakan (Xinjiang), celle du plateau nord du Tibet. Quel que soit le scénario, en l'état actuel de la situation de fermeture des communications, on ne peut traverser raisonnablement que la première zone (celle que j'ai faite). Aussi, j'ai préféré opter pour la jonction de Pékin par train.

A Kashgar, la statue de Mao assiégée nuit et jour par ... l'armée

Des rues peu bruyantes du fait de la généralisation des moteurs électriques pour les motocyclettes

le 27 au soir, j'embarque avec mon vélo dans un bus-couchettes pour Urumqi

28/09/09 :  24 heures de bus Kashgar - Urumqi

Toute la nuit, toute la journée, transfert par bus avec relais de chauffeurs. On a été contrôlé par la police et par l'armée au moins 20 fois en 24 heures. Arrivée à Urumqi le 28 à 21h. De nuit, trouver un hôtel avec vélo et sacoches, pas facile ! Je suis tombé sur un vieil hôtel au style très impérial mais sans entretien depuis longtemps. En revanche, beaucoup de personnel mais ... quasiment aucun touriste ! Comme par hasard la télévision dans la chambre pouvait s'allumer mais aucune chaine ne fonctionnait ...

La route nord du désert du Taklamakan (Tarim) un vrai calvaire, toujours en chantier ... avec une intense circulation de jour comme de nuit, à déconseiller pour les vélos !

Quelques arrêts pour restauration rapide et pause pipi ... (bien calculer pour 24h !)

... Un ciel voilé par les vents de sable et noirci par les particules de carbone

Quelques installations solaires photovoltaïques

Ce n'est pas de la neige, ce sont des dépôts salins

 

Sympa l'ambiance ... plus de 20 contrôles entre Kashgar et Urumqi !...

29-30/09/09 - 01/10/09 : 52h de train pour rejoindre Beijing

Comment faire pour que le vélo voyage dans le même train que moi ? De l'hôtel à la gare ferroviaire, j'ai pris un taxi marque Citroën (si, si !) avec le vélo dans le coffre (qui ne pouvait pas fermer). La gare ferroviaire est bondée, très gardée par la nombreuse police présente. Evidemment je ne passe pas inaperçu avec mon vélo chargé ! Une employée me prend en charge. J'essaie de lui faire comprendre que le vélo doit absolument voyager avec moi jusqu'à Beijing. "Pas possible" me répond-elle. Alors je fais le pied de grue arcbouté sur mon vélo. Comprenant peut-être qu'elle a affaire à un ... basque, on commence par prendre un billet de train pour moi. Mais j'insiste en disant qu'il me faut un billet de train pour le vélo ... Pendant ce temps, les gens ... poussent dans la queue au guichet. L'employée nous conduit moi et mon vélo au service des bagages et essaie de trouver une solution. Après une bonne heure, elle me dit d'aller au guichet prendre un billet pour le ... vélo mais je dois laisser le vélo (sans les sacoches) au service bagages. Elle me certifie que le vélo sera à Beijing à partir du 1er octobre à 14h (c'est-à-dire à mon arrivée). Ne pouvant pas faire autrement que d'accepter, j'obtempère et m'en vais avec mes sacoches dans les bras dans la salle d'attente pour patienter jusqu'au départ du train à 20h03 à peu près convaincu que je n'aurai pas le vélo à mon arrivée... Deux heures avant le départ, la même employée vient me dire qu'elle n'est plus en service, mais que je dois la suivre avec ... mes sacoches ! Un peu troublé, j'obtempère encore pour me retrouver dans la salle d'attente des VIP. Je suis considéré comme VIP probablement car je suis vraiment le seul ... "tourist" présent dans la cohue de la gare. Ambiance soft, en fait. Je serai accompagné avant tout le monde sur le quai pour prendre place dans ma voiture où je retrouve des personnes de la salle d'attente "commune" qui s'étaient un peu inquiétées de mon départ subit ! Tout va bien ... mais le vélo ? ... Dans la nuit, le train traverse une partie désertique sur plusieurs centaines de km pour sortir du Xinjiang et rejoindre le Qingaï. Magie de China Telecom, je compose fébrilement mes numéros familiaux et, oh! miracle, le SMS est ... envoyé ! Je crois rêver, mais non ça a l'air d'être bien parti ! Je peux me rendormir tranquillement sur ma couchette ... Le service ferroviaire dans le train est assez remarquable avec beaucoup de personnel tant pour le ménage que pour la restauration que pour ... la police ! Contrôles encore et toujours ! Etant le seul "étranger", je suis l'objet de toutes les attentions mais dans le bon sens du terme : on me donne à manger (c'est vrai que je viens de passer pas mal de jours à pédaler et que j'ai besoin de me remplumer un peu), on me fait même d'office un massage chinois dans le couloir devant toutes les personnes du wagon (intéressante mais virile expérience tout de même !).

Je prends quelques photos à la volée : pas terribles images mais cela donnera une idée des paysages traversés. Quelques haltes pour se dérouiller un peu les gambettes dans les gares. Dans la soirée du 30, on est entre Lanzhou et Xi'an dans des formes de paysage assez encaissées mais terriblement transformés. je m'avance vers ce qui m'avait semblé être un wagon-restaurant. C'est en entrant dans une nouvelle voiture du train que j'entends un cliquetis de chaine assez surprenant dans un train. La surprise est de taille ! Deux pieds sont enchainés et essaient de bouger sur la petite échelle qui permet de descendre de la couchette supérieure. Je lève les yeux et vois un homme poignets menottés se contorsionner pour descendre tant bien que mal sous la surveillance de deux policiers, devant les voyageurs qui regardent assez ébahis cette scène étrange ! ... J'ai peine à croire que c'est la réalité, pourtant c'est ainsi ! Incroyable mais vrai ! ... Repas rapide dans un wagon-restaurant bondé : assez bon tout de même.

Le matin, le ciel reste très brumeux et un peu jaunâtre : pas surprenant compte tenu des émissions polluantes présentes.

Train Urumqi - Beijing T70    20h03 Salle d'attente de la gare d'Urumqi

Urumqi, la place de la gare ferroviaire sévèrement contrôlée par la police et par l'armée

Ma couchette à l'étage intermédiaire 

 

De l'eau très chaude est toujours disponible

Quelques champs d'éoliennes

Matin du 30 : le SMS a pu être envoyé ! On est sorti du Xinjiang

De superbes montagnes de 5000 m  le Qingaï est proche

Arrêt détente, contrôle technique du train

Les modes de transport très communs : les petits porteurs et le ferroviaire

Le maïs sèche à plat sur les toits et au sol, quelques cultures sous serre

Le fleuve jaune

 

Logements urbains, anciens et ... à venir

La collecte des déchets en tricycle

Les chinois sont des terrassiers ! ... Etudes d'impacts, études paysagères ??

 

Avec le seul "tourist" du train : la photo !

Au matin le ciel n'est pas ... très limpide !

La raison : les émissions de particules de la combustion par charbon

Le TGV entre Beijing et Xi'an ... et des trains de voyageurs à deux niveaux

Plus on se rapproche de Beijing plus le ciel est ... bleu ! Effet 60e anniversaire ??

01/10/09 : Beijing ... très agréable !

Surprise de taille : plus on se rapproche de Beijing, plus le ciel devient bleu ? Et, de fait, l'arrivée à Beijing se fait sous un soleil radieux avec un ciel d'une pureté surprenante. Est-ce un effet du 60e anniversaire que l'on fête aujourd'hui en très grandes pompes ? A-t-on arrêté les usines pour la circonstance ? Toujours est-il que durant les trois jours où je suis resté à Beijing, le ciel est resté bleu !

Arrivé à la gare à 14h, mon inquiétude est grande pour le ... vélo. Je réussis à trouver le service des bagages, montre mon ticket. On me dit d'attendre. Une heure passe : rien. Un employé voyant mes sacoches et parlant anglais regarde mon ticket, se renseigne, et me dit que l'on va aller chercher le vélo ! Je lui fais répéter croyant avoir mal compris. On attend ensemble encore une heure de plus. Puis, il se lève, va dans le service et s'adresse à un employé avec le papier du vélo : ... cinq minutes après, je le vois arriver roulant apparemment bien (je n'avais pu mettre aucune protection à Urumqi). Pas de problème, le service ferroviaire chinois c'est ... mieux que la SNCF ! 52 heures pour faire 3760 km : pas mal du tout !

Reste maintenant à trouver un hôtel car mon programme est simple : obtenir une modification du billet d'avion de retour prévu pour le 23 décembre !

Les trois hôtels autour de la gare ferroviaire sont complets (Festivités du 60e anniversaire !). J'ose alors essayer de joindre en taxi l'hôtel Lu Song  Yuan que m'avait recommandé l'Ambassade de France et où j'avais fait une réservation mais pour le 22 décembre ! Trouver un taxi qui accepte mon mulet métallique ... c'est cher, 30 dollars soit le quintuple du prix normal.... La suite sera facile. L'hôtel a une chambre de libre. Je réserve deux jours, et me pose ... en attendant demain : assez de questions réglées pour aujourd'hui ! La célébration du 60e anniversaire en cours à la TV chinoise est impressionnante ... mais où est la vraie Chine là-dedans ? L'hôtel est très bien placé dans un vieux quartier Hutong très calme avec encore des maisons anciennes, beaucoup de petites ruelles très propres, très sécurisées, avec de beaux arbres (le 3ème matin, j'ai même pu entendre des pics tambouriner sur les troncs d'arbres à côté de l'hôtel). Fin du fin : internet est mis à disposition. J'ai pu communiquer longuement sur le Tchat du Blog. Laure m'a appelé à l'hôtel. J'ai pu expliquer longuement mes tribulations depuis ... Sary-Tash ...

L'hôtel Lu Song Yuan dans le quartier Hutong très calme et très agréable

Beaucoup de petites boutiques, lieu privilégié de promenade en plein centre de Beijing

D'excellentes spécialités avec procédé de cuisson tout à fait inhabituel

Les installations ne sont pas toujours aux normes (?) mais les pompiers veillent avec du matériel ... adapté

Les gens jouent au mahjong... au milieu de la chaussée

02/10/09 : changement du billet d'avion

Nouveau problème à régler aujourd'hui : changer les billets d'avion prévus pour le 23 décembre ! Le vélo reste bien sagement à l'hôtel. Je profite du taxi de français repartant à l'aéroport. Terminal 2 ! Le comptoir d'Air France est au fond de l'aérogare. Trois hôtesses AF sont là : pas une ne parle le français ! Le changement des billets peut se faire avec départ le 5 octobre. Reste le problème du vélo car il faut prendre deux avions : Beijing - Charles de Gaulle et Charles de Gaulle - Pau. On me promet une "box" pour emballer le vélo à 6h30 le matin du 5, et un transfert automatique Beijing - Pau. Super les nanas d'Air France ... sauf que le 4 au soir je dois trouver un lieu de couchage. Là, on fait le terminal avec une hôtesse AF de long en large, pas moyen pour l'hôtesse de trouver quoi que ce soit. En fait je trouverai au 2ème sous-sol un Lounge qui me permettra de passer la nuit du 4 ... à croire que les hôtesses ne connaissent pas le terminal 2 ! Deuxième surprise ... de taille : la box promise pour le vélo n'existe pas ! ...

Après léger paiement pour le changement des billets d'avion, je reviens rassuré en taxi à l'hôtel Lu Song  (85 yuans). Au passage, je peux constater le modernisme architectural du monde hypercapitaliste de ... Beijing.

On est bien à Beijing !

pas moins de cinq rocades autoroutières encerclent Beijing

Le ciel est effectivement très bleu ! ...

03/10/09 : un petit tour à la Grande Muraille ...

Inscription pour une journée à Samantaï à environ 120 km de Beijing pour une excursion à l'un des lieux les plus intéressants pour voir le Great Wall !

En réalité je suis seul, j'ai donc un chauffeur, une guide pour moi toute la journée. Je n'ai jamais autant dû converser en anglais (décidémentl la Chine m'aura beaucoup violenté dans ce voyage !) la guide ne parlant que cette langue dite universelle !  La sortie de Beijing au petit matin est aisée et très agréable ... toujours le ciel bleu. Une heure et demie pour arriver au pied du grand site de Samantaï. Péage, parking, ... et c'est parti ! montée aisée en direction de la muraille qui serpente sur la crête. De beaux escaliers bien refaits pour belle-mère mais qui montent tout de même pas mal. Au bout de quelques kilomètres la sélection se fait, ma jeune guide lâche prise... rendez-vous à 12h30. La grimpette est agréable. Quelques marchands du temple mais dans l'ensemble le site est très bien tenu avec un important personnel pour assurer la sécurité et la propreté des lieux. Des tours ponctuent le cheminement tortueux de la muraille, quelques meurtrières sont visibles. Quelqu'un me demande en anglais de la rassurer dans la montée ... naturlich ! .. en fait c'est une avocate française qui travaille en Corée du sud et dont le mari traine un peu les pieds dans cette montée de la muraille ! Je rencontre ainsi deux couples de français avec lesquels on bouclera ce très beau circuit aérien. De retour, la guide est en bonne forme pour un déjeuner à la chinoise, puis retour à Beijing pour la cérémonie du thé : une belle présentation mais je préfère très nettement le thé à la menthe des marocains et des algériens ...

La Grande Muraille à Samantaï ponctuée par les tours - notez l'alimentation solaire de l'éclairage public

Samantaï - aperçu général vers l'ouest

La propreté est un vrai atout des sites touristiques - des escaliers reconstitués

Samantaï, un long ruban le long des crêtes

Des tours de garde tous les 100 mètres de muraille environ

Les aménagements touristiques restent limités - jeu de descente un peu plus rapide par cable

La cérémonie du thé, élégant, cher, pas nécessairement le "meilleur thé du monde" quoi qu'en disent les chinois

04/10/09 : A vélo place Tien An Men

J'ai osé prendre mon vélo pour joindre la place Tien An Men depuis l'hôtel. Inutile de dire que j'ai très bien mémorisé l'itinéraire au fur et à mesure que j'avançais dans les rues. Noir de monde ! Quasiment impossible d'approcher. Les cérémonies du 1er octobre pour le 60e anniversaire de la Chine Populaire ont fortement marqué l'opinion publique et gonflé le sentiment nationaliste. Ce qui est à la télévision impressionnant est sur le terrain beaucoup moins exceptionnel. Reste que la foule est là bien présente. Mais qu'est-ce à l'échelle de la Chine réelle ?

Impression réelle de fierté nationale ... la "Porte de la paix" très bien encadrée

Tien An Men ... la jeunesse, la ... mémoire de l'Homme du 5 juin 1989 !

A Tien An Men par tous moyens

Feu vert pour le vélo ...

... mais pas pour le téléphone au Xinjiang !...

05/10/09 : le retour

Trouver un taxi qui accepte de transporter un vélo à l'aéroport !... oui, en payant quatre fois le prix normal ! A 6h30, comme convenu avec Air France, je suis au comptoir pour acheter la "box" le carton d'emballage du vélo. Mais il n'y a pas de "box" ! On me donne des morceaux de carton avec lesquels je dois faire un "paquet". Les pédales sont dévissées pour être tournées vers l'intérieur du cadre, le guidon est aligné sur le cadre, la roue avant est démontée ... le tout est ficelé tant bien que mal par l'employé de l'aéroport ! Je réussis à faire adresser l'ensemble directement à Pau pour m'éviter un changement problématique de terminal à Charles de Gaulle. Surcoût 80 euros. Arrivé à Pau, vélo et sacoches sont bien là. L'axe de la roue avant est tordue. Mais je m'attendais à pire !

La Chine ... belle dans les vitrines et ... au clair de lune ...

La Chine, un rêve et ... une leçon ...

 

PS : l'explication du ciel bleu de Beijing dans ce qui suit :

"Un dispositif sans précédent pour empêcher la pluie le 1er octobre à Pékin

le 23/9/2009 à 18h37  par AFP

La Chine va déployer des moyens sans précédent pour empêcher la pluie ou le brouillard de gâcher les festivités du 1er octobre à Pékin qui marqueront le 60e anniversaire du régime communiste, ont annoncé mercredi les journaux.

L'Armée de l'air va utiliser 18 appareils qui lâcheront des produits chimiques de dispersion de la pluie dans l'atmosphère, tandis que "48 véhicules antibrouillard" utiliseront des moyens similaires dans les aéroports de la capitale, a rapporté le quotidien Global Times.

"C'est la première fois dans l'histoire de la Chine que les modifications artificielles du temps sont faites sur une échelle aussi large", a relevé Cui Lianqing, un météorologue de l'Armée de l'air cité par le quotidien.

La première parade militaire en dix ans, un défilé d'au moins 100.000 personnes et un feu d'artifice géant seront les points forts des festivités du 60e anniversaire de la proclamation par Mao Zedong de la République populaire de Chine place Tiananmen, au coeur de Pékin.

Un temps clair est particulièrement souhaité pour la parade militaire qui sera l'occasion pour la Chine d'exhiber ses derniers équipements de haute technologie.

Cet anniversaire a été précédé d'un déploiement policier encore supérieur à celui constaté lors des jeux Olympiques d'août 2008 dans la capitale, assorti de nombreuses interdictions, telle celle de la vente de couteaux.

La Chine avait pour la cérémonie grandiose de l'ouverture des JO déjà lancé quelque 1.100 fusées antipluies au-dessus du stade olympique, le "Nid d'oiseau". Les registres météorologiques signalent 30% de risque de pluie un 1er octobre sur Pékin."

Le procédé technique consisterait à envoyer dans les nuages des cartouches d'iodure d'argent de la taille d'une cigarette à partir de lance-roquettes météorologiques.